Carnet de terrain

Une action concrête pour la biodiversité : les sauvetages de batraciens

Février 2026

Un contexte compliqué pour les batraciens

Autrefois abondants partout, les batraciens (crapauds, grenouilles, tritons) ont subi de nombreux changements défavorables pour eux dans les paysages par l’action de l’homme ces derniers siècles ou décennies;

 

  • l’assèchement des zones humides pour l’agriculture ou l’urbanisation.
  • l’arrachage des haies et l’agriculture intensive qui supprime les zones d’habitat et diminue fortement la nourriture disponible.
  • l’intensification du réseau routier, qui isole les populations et provoque une mortalité directe importante.
Sauvetage batracien bernissart
crapaud commun et triton alpestre

Comment leur venir en aide ?

Vers la fin de l’hiver et au tout début du printemps, ces animaux sortent de leur torpeur et de leur cachette hivernale avec un seul objectif : rejoindre la mare qui les a vus naître pour se reproduire à leur tour.

Bien souvent, une route se trouve sur leur chemin et les chances d’arriver sains et saufs de l’autre côté sont minces. Des volontaires, dont je fais partie, ont repéré ces endroits et se relayent pendant toute la saison pour tenter des les faire traverser en sécurité.

Ces tronçons sont regroupés sur le site dédié de Natagora. N’hésitez pas à contacter les personnes de référence qui y sont renseignées si vous souhaitez participer.

Ces actions resteront insuffisantes si l’on ne restaure pas leurs habitats, mais c’est une action accessible à tous et qui renoue un lien direct et souvent gratifiant avec le vivant.

Si vous avez l’occasion de vous y rendre avec des enfants, en veillant bien sûr à aller sur des tronçons strictement sécurisés, c’est une expérience de sensibilisation puissante et inoubliable.

Crapaud ? Grenouille ? Quelle différence ?

Parmi les batraciens, tous deux font partie du groupe des anoures, qui ont perdu leur queue à l’âge adulte au cours de l’évolution, contrairement aux tritons qui sont, eux, classés dans les urodèles. Un mâle triton alpestre aux teintes bleutées est visible dans le seau sur la photo ci-dessus en compagnie de deux mâles de crapaud commun.

Dans le groupe des anoures donc, les grenouilles (ici une grenouille rousse) sont en fait regroupées dans la famille des Ranidae, qui présentent les caractéristiques suivantes :

  • Peau lisse et fine (glissante lorsqu’il s’agit de les attraper sur la route !), sans glandes visibles.
  • Corps élancé, adapté à un déplacement par des sauts puissants.
  • Oeufs pondus en amas à la surface de l’eau.

Et les crapauds (famille des Bufonidae) ont en commun ceci :

  • Peau épaisse et rugueuse, plus adaptée à la vie terrestre.
  • Corps plus trapu, ils ne sautent pas et se déplacent en marchant.
  • Oeufs pondus en longs cordons gélatineux sous la surface.

N’hésitez pas à sortir les rencontrer !

 

 

Grenouille rousse

La nature sous la neige: une opportunité (de plus en plus) rare

Janvier 2026

Des paysages sublimés

Les chutes de neige ne sont plus aussi fréquentes qu’autrefois dans nos régions. Les vraies journées d’hiver se font de plus en plus rares et, avec elles, les paysages drapés de blanc disparaissent peu à peu.

Lorsque cela arrive encore, comme nous avons pu le vivre ce mois de janvier, il faut en profiter.

Je vais vous présenter au moins deux raisons pour lesquelles il est intéressant d’aller mettre le nez dehors, plutôt que de se contenter d’admirer le paysage depuis la fenêtre de son salon.

carnet de terrain 2026 neige biodiversité
froid et biodiversité

Jamais deux fois la même chose

Lors de chaque épisode de froid nocturne, les éléments du paysage prennent un aspect différent. Le taux d’humidité, la température, le vent ou encore la quantité de neige tombée, chacun de ces paramètres joue un rôle déterminant dans la forme des flocons, l’épaisseur du givre ou l’aspect des cristaux de glace.

Ainsi, d’un épisode de froid à l’autre, le paysage se transforme. Autant d’occasions de s’arrêter, d’observer et de s’émerveiller.

À travers cette photo d’une berce commune laissée sur pied, j’en profite pour rappeler que conserver les plantes sauvages sur pied en hiver permet non seulement de nourrir les oiseaux granivores, mais aussi d’admirer une incroyable diversité de formes de givre, aussi variées que les plantes elles-mêmes.

Un peuple qui se révèle

Lorsqu’on a la chance d’avoir des chutes de neige juste avant la nuit, avec un gel suffisant pour préserver le manteau neigeux à l’état de poudreuse jusqu’au petit matin, c’est toute une vie discrète, habituellement invisible, qui se dévoile au lever du jour.

La plupart des mammifères sauvages ont en effet adapté leur mode de vie à la nuit, à la fois pour échapper aux prédateurs, mais souvent surtout pour se tenir à distance de l’omniprésence humaine durant la journée.

La neige devient alors un véritable livre ouvert, qui nous offre une belle occasion de s’initier à la reconnaissance des traces d’animaux.

Le nombre d’empreintes laissées est souvent bien plus important qu’on ne l’imaginait, montrant une activité nocturne insoupçonnée.

Ici, il s’agit d’empreintes de lièvre d’Europe, reconnaissables aux deux pattes arrière allongées et parallèles, tandis que les pattes avant, plus petites, sont disposées l’une devant l’autre.

Cette nuit-là, d’autres visiteurs ont également laissé leur passage : renard, chevreuil, chat, petits rongeurs…

Ces traces permettent aussi de révéler les lieux de passages importants du jardin. Cela me permet de détecter les meilleurs endroit pour placer mon piège photographique. Mais cela, je vous l’explique une prochaine fois…

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